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Bien utiliser l’IA au quotidien : la configurer pour qu’elle te challenge (prompts, GPT spécialisés, méthode)

Retour d’expérience concret sur l’utilisation de l’IA au quotidien : règles d’or, mise en pratique pas à pas, prompts réels et méthode pour faire de l’IA un vrai challenger.

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Introduction — L’IA fait rire… mais ce n’est pas pour ça qu’elle est utile

Ah, l’IA.

On en voit partout, tout le temps :

  • des chats qui dansent,
  • le pape en doudoune,
  • notre cher président en éboueur.

C’est souvent drôle, parfois impressionnant, mais soyons honnêtes :
dans ces cas-là, l’IA n’est pas vraiment utile.
Elle divertit. Elle amuse. Elle fait le buzz.

Et ce n’est pas un problème en soi.
Mais ce n’est pas de cette utilisation-là dont on va parler ici.


J’ai écrit cet article avec un objectif simple : te proposer un retour d’expérience concret sur mon utilisation quotidienne de l’IA.

  • comment je l’utilise,
  • comment je la configure,
  • comment je la guide,
  • et surtout dans quelles conditions elle devient réellement utile.

Objectif : montrer comment utiliser l’IA pour mieux réfléchir, pas pour se rassurer.


Dans cet article, j’utilise ChatGPT avec un compte payant, ce qui me donne accès à certaines fonctionnalités pratiques (comme les GPT personnalisés et les Projets, selon ton offre). Mais la méthode que je présente reste adaptable : tu peux appliquer les mêmes principes avec un compte gratuit (avec parfois un peu plus de bricolage), ou même avec d’autres IA.

L’idée, ce n’est pas de te vendre un abonnement.
C’est de te montrer comment cadrer l’IA pour qu’elle te serve vraiment, quel que soit l’outil que tu utilises.


Le vrai problème : une IA trop gentille

Le problème avec l’IA n’est pas qu’elle se trompe.
Le vrai problème, c’est qu’elle te caresse dans le sens du prompt.

Par défaut, l’IA a tendance à dire “oui” à tout, avec le même enthousiasme qu’un pote qui répond “grave” à chacune de tes idées à 2h du matin.

Si ton IA ne te contredit jamais,
alors elle ne t’aide pas.
Elle te confirme.

Et être confirmé, c’est agréable.
C’est même addictif.
Mais ce n’est pas comme ça que tu progresses.

Dans la vraie vie, les personnes qui t’aident à progresser ne sont pas celles qui te disent en boucle :
“Oui, c’est une bonne idée. Tu as raison.”

Ce sont celles qui :

  • te posent des questions inconfortables,
  • pointent tes angles morts,
  • challengent tes hypothèses,
  • te forcent à clarifier ce que tu crois évident.

C’est exactement le rôle que j’attends de l’IA :
pas un assistant qui m’applaudit…
un assistant qui me rend meilleur.


Les règles d’or que j’applique systématiquement

Avant de parler d’outils, de prompts ou de configuration, il faut poser des règles claires.
Sans elles, l’IA reste un gadget.

Règle n°1 — L’IA est un coéquipier, pas un décideur

Je ne demande jamais à l’IA :

  • de décider à ma place,
  • de valider une idée sans recul,
  • de “faire le travail toute seule”.

Parce que si tu la laisses faire, elle va souvent chercher le chemin le plus confortable, et te donner une réponse propre, rassurante, bien emballée… même si le fond est fragile.

En revanche, je lui demande :

  • de structurer ma réflexion,
  • d’identifier mes hypothèses implicites,
  • d’explorer des contre-arguments,
  • de mettre en évidence les failles.

L’IA n’est pas là pour avoir raison.
Elle est là pour m’aider à mieux raisonner.


Règle n°2 — Une IA doit avoir un rôle clair

Une IA généraliste, sans rôle précis, devient vite moyenne.
Pas parce qu’elle est “nulle”… mais parce que tu lui demandes d’être tout à la fois : prof, consultant, rédacteur, juriste, coach, psy, chef étoilé, etc.

Résultat : elle fait un peu de tout… et souvent pas très bien, ou pas avec le bon niveau d’exigence.

Un objectif clair = un GPT (ou un Projet) dédié.

Pour un sujet banal ou ponctuel, inutile de créer une usine à gaz.
Un chat simple + deux bonnes consignes, ça suffit largement.

Mais dès qu’il y a des exigences (qualité, cohérence, esprit critique, continuité), la spécialisation devient indispensable :

  • tu gardes un cadre stable,
  • tu évites de répéter les mêmes consignes 50 fois,
  • tu obtiens des réponses plus régulières (et moins “au feeling”).

En bref : tu ne cherches pas une IA “plus intelligente”.
Tu cherches une IA mieux briefée.


Règle n°3 — Une IA doit avoir le droit de me contredire

Par défaut, une IA cherche à être agréable.
Et si tu utilises ChatGPT “en mode normal”, tu l’as sûrement déjà vu : c’est souvent trop gentil, trop lisse, trop “oui oui excellente idée”.

Ce n’est pas forcément un défaut : l’outil essaie d’être utile, fluide, et de ne pas te rentrer dedans.
Sauf que… dans la vraie vie, un assistant qui ne te contredit jamais, ce n’est pas un assistant, c’est un fan club.

Or moi, je ne veux pas un fan club.
Je veux un collègue qui me dit : “Attends, là tu vas un peu vite.”

Je considère qu’une bonne IA doit pouvoir :

  • me contredire quand c’est nécessaire,
  • pointer les zones floues,
  • refuser les raisonnements bancals,
  • poser les questions que je n’ai pas envie d’entendre.

Parce que c’est souvent là que se cachent les vraies erreurs :
pas dans la phrase mal tournée… mais dans l’hypothèse jamais formulée.

Une IA qui valide tout est inutile.
Elle ne t’aide pas à réfléchir : elle t’aide à te convaincre.


Règle n°4 — Les instructions comptent plus que le modèle

Pour faire un comparatif avec l’automobile :

  • le modèle, c’est le moteur ;
  • mais les instructions, c’est le volant, les roues, les freins : tout ce qui te permet de piloter.

Alors oui, un modèle plus avancé peut aider.
Certains s’en rappelleront : à l’époque où on découvrait ChatGPT, tu pouvais lui demander la différence entre des œufs de poule et… des œufs de vache.
Et lui, très sérieux, très sûr de lui, pouvait soutenir mordicus que les œufs de vache étaient meilleurs pour la pâtisserie.

Leçon à retenir : une IA peut répondre avec une confiance olympique… même quand la question n’a aucun sens.
Donc oui : plus le modèle est bon, mieux c’est. Mais le cadrage reste ce qui évite de partir en freestyle.

Les instructions, elles, définissent :

  • le ton (concis, pédagogique, cash, fun),
  • le niveau d’exigence (surface vs profondeur),
  • la posture critique (contradicteur ou pom-pom girl),
  • la rigueur intellectuelle (faits, hypothèses, vérification).

C’est exactement comme briefer quelqu’un :

  • un excellent consultant avec un brief flou → résultat flou.
  • un consultant “correct” avec un brief clair → résultat solide.

Dans la majorité des cas, de bonnes instructions valent mieux qu’un modèle plus avancé mal cadré.
Et bonus : ça ne coûte rien. Juste un peu de temps.


Mise en pratique — Ce que je mets réellement en place (pas à pas)

Passons maintenant à la partie concrète.
Voici exactement comment je mets ces principes en œuvre.

L’idée n’est pas de tout copier au pixel près.
C’est de prendre la logique, de l’adapter à ton usage… et d’éviter les pièges classiques.


Étape 1 — Je donne des instructions générales à ChatGPT

Dans les paramètres de ChatGPT, tu as l’onglet “Personnalisation”.
C’est ici que commence l’aventure.

Parce que soyons honnêtes : le blabla verbeux façon dissertation, ça va cinq minutes.
Moi je veux un assistant :

  • concis,
  • clair,
  • structuré.

Donc j’ai fait en sorte qu’il soit efficace : moins de chaleur artificielle, moins d’enthousiasme en mousse, et beaucoup plus de titres + listes.

Exemple de ma personnalisation de ChatGPT

Bon, ça c’est la couche “style”.
Maintenant, on va régler la couche “cerveau” : comment il doit raisonner et me répondre.

Pour ça, je lui donne des instructions personnalisées (celles que tu vois ci-dessous).

Réponds TOUJOURS en français, en me tutoyant. Va droit au but. Sois curieux : pose 1–3 questions utiles si ça améliore la réponse. Challenge mes idées : pointe hypothèses, failles, risques, alternatives. Style clair, direct, innovant, sans bullshit. Reste neutre et objectif.

VÉRITÉ (priorité absolue)
- Dis la vérité. Ne fabrique jamais de faits.
- Sans source/vérification : écris « Je ne sais pas. »
- Quand tu affirmes un fait important/discutable : appuie-toi sur des sources crédibles et récentes, et cite-les (auteur/organisme, date, lien si possible). Évite sources vagues/douteuses/obsolètes.
- Priorise l’exactitude sur la vitesse/le style.

HYPOTHÈSES (seulement si demandé)
Si je demande d’imaginer/brainstormer : sépare FAITS vs « Hypothèses (non vérifiables) », n’écris jamais une hypothèse comme un fait, et dis comment vérifier (données/tests/sources).

Si un raisonnement/calcul est contestable : explique-le clairement. Avant d’envoyer : tout est-il factuel, sourcé et vérifiable ?

À partir de là, tu sens déjà la différence : on lui laisse de la créativité, mais on lui met un cadre pour limiter les sorties au hasard.

Attention quand même : on ne “supprime” pas les hallucinations.  
On les réduit. Nuance importante.  
Donc ne prends jamais une réponse pour argent comptant juste parce qu’elle est bien écrite.

Petit hack : tu remarqueras que je mets certains mots en MAJUSCULES dans mes instructions.
Ce n’est pas de la magie, mais j’ai constaté que ça aide à accentuer les priorités.


Étape 2 — Créer un GPT générateur de prompts

Écrire de bons prompts en permanence est fatigant.
C’est un peu comme faire la vaisselle : ce n’est pas compliqué… mais au bout de la 47e assiette, tu commences à envisager des choix de vie.

Du coup, j’ai fait un truc très logique (et un peu fainéant, donc parfait) : j’ai délégué la rédaction des prompts… à l’IA elle-même.
Après tout, qui de mieux que l’IA sait comment interagir avec… l’IA ?

Du coup, j’ai créé un GPT : mon PromptGenerator.

Son rôle : générer un prompt qui sera utilisé par ChatGPT ou d’autres modèles.

Mon PromptGenerator et sa configuration

Tu es un expert senior en prompt engineering. Ta mission est de construire, à partir des informations fournies par l’utilisateur, un prompt clair, cohérent et exploitable par une IA. Tu ne définis jamais le rôle, le domaine ou le métier à la place de l’utilisateur ; tu les fais expliciter. Tu réponds exclusivement en français. Tu n’inventes jamais, tu ne supposes jamais. Toute ambiguïté déclenche une question. En l’absence d’informations suffisantes, tu refuses de produire un prompt final. Tu adoptes une posture de consultant senior : neutre, direct, exigeant. Tu challenges les formulations vagues ou naïves et proposes, si pertinent, des reformulations plus efficaces ou plus ambitieuses, sans décider à la place de l’utilisateur. Tu suis une méthode stricte : analyser la demande, identifier explicitement le rôle à endosser, l’objectif principal, le niveau de liberté créative attendu, les contraintes éventuelles et le format de sortie attendu ; poser uniquement les questions nécessaires pour lever les zones floues ; itérer jusqu’à compréhension complète. Si l’utilisateur précise vouloir de la créativité, le prompt final devra être orienté vers la créativité et l’exploration libre. Si l’utilisateur demande de la rigueur, le prompt devra privilégier la précision, la structure et la conformité. En cas d’absence de précision, tu dois toujours poser la question pour savoir quel degré de liberté créative est attendu. La production finale, uniquement lorsque tout est clair, est un seul livrable : un prompt final clé en main, minimaliste, optimisé pour performance, précision et créativité, incluant explicitement le rôle demandé par l’utilisateur. Ce prompt final doit toujours être présenté dans un bloc de code Markdown tagué ```text pour faciliter le copier-coller universel, sans aucun texte avant ou après. L’utilisateur peut demander à modifier tout ou partie du prompt final après sa génération, et tu dois appliquer ces modifications sans altérer la cohérence du reste. Si une modification risque de créer une incohérence, tu dois la signaler avant de l’appliquer et proposer des ajustements possibles. Aucun commentaire, aucune explication, aucun texte hors du prompt final. Tu ne réponds jamais à la demande métier ; tu construis le prompt qui permettra à une autre IA d’y répondre.

Ce que j’aime avec ce GPT, c’est qu’il fait exactement ce que je veux : il ne “répond” pas au sujet, il m’oblige à clarifier :

  • quel rôle l’IA doit jouer,
  • l’objectif réel,
  • les contraintes,
  • le format attendu,
  • le niveau de créativité ou de rigueur.

Et si tu n’as pas accès aux GPT personnalisés ?
Selon ton offre, tu n’auras pas forcément la possibilité de créer un GPT dédié.
Mais tu peux appliquer exactement la même logique en version “manuelle” :

  • tu ouvres un nouveau chat,
  • tu colles les instructions (le rôle + la méthode),
  • et tu l’utilises comme ton PromptGenerator temporaire.

Exemple de démarrage de conversation :

Voici ton rôle : [COLLE ICI TES INSTRUCTIONS]  
Maintenant, je veux que tu me construises un prompt pour créer un agent IA chef de cuisine.

Franchement, ça marche très bien.
La seule différence, c’est que tu dois recoller les consignes de temps en temps.

Comment j’utilise ce GPT ?
Simplement :

  • je lui décris mon besoin (même de façon un peu brouillonne),
  • il me pose les questions qui manquent,
  • il me sort un prompt propre,
  • je prends ce prompt et je l’utilise :
    • soit dans une conversation “classique”,
    • soit pour écrire les instructions d’un autre GPT,
    • soit pour cadrer un Projet.

Bref, je ne cherche pas “le prompt parfait” dès le départ.
Je cherche un système qui me force à être clair… sans y passer une heure.


Étape 3 — Séparer les usages

On l’a vu : tout mélanger, ne rien structurer, tout faire dans le même chat… c’est la meilleure façon de se tirer une balle dans le pied.

Au début ça “marche”, puis ça devient un énorme plat de spaghetti : tu ne sais plus qui a dit quoi, pourquoi, et avec quel contexte.

Moi, je commence toujours par identifier le besoin réel :

  • rédaction,
  • réflexion,
  • relecture,
  • challenge d’idées.

Ensuite, règle simple : chaque besoin important devient un GPT ou un Projet distinct.

Exemples concrets :

  • IA “Rédaction d’articles”
  • IA “Challenger d’idées”
  • IA “Relecteur critique”
  • IA “Chef cuisinier” → celle-là, elle me plaît bien : on va s’en servir comme fil conducteur pour créer notre projet ensemble.

Objectif : éviter le mélange des contextes et garder une IA cohérente.

Tu vas me dire : “Mais c’est quoi la différence entre un GPT personnalisé et un Projet ?”
Voici comment je le vois :

Un GPT personnalisé, c’est un spécialiste.
Tu lui donnes un rôle précis, une façon de répondre, des règles, un style… et tu l’utilises pour une tâche récurrente.

  • Il est “câblé” pour un usage.
  • Il te donne des réponses plus régulières, parce qu’il a un cadre stable.
  • Tu peux t’en servir comme micro-outil (ex : générateur de prompts, relecteur, assistant rédaction, etc.).

Un Projet, c’est un espace de travail.
Imagine un bureau où tu ranges :

  • plusieurs discussions,
  • des fichiers,
  • des instructions spécifiques,
  • et surtout un contexte qui s’accumule au fil du temps. C’est parfait pour un sujet qui vit sur plusieurs sessions, avec de l’historique, des ajustements, des itérations.

Pour résumer :
👉 Si tu veux de la continuité → Projet
👉 Si tu veux de la précision → GPT personnalisé

Et maintenant, on passe à la suite : on va créer un Projet pour notre assistant culinaire.
Mesdames et messieurs… j’ai nommé le grand… GPTchebest.

GPTchebest — Création du prompt

On va utiliser notre PromptGenerator et voir ce qu’il sait faire.

Voici le prompt que je lui donne (volontairement faible) :
“Je veux une instruction pour un Projet GPT. Son but : être un chef culinaire.”

Première itération du PromptGenerator

Tu vois l’intérêt : il ne “devine” pas.
Il comble le flou par des questions, et il t’oblige à clarifier.

Du coup, je réponds, j’affine, je précise… et il me génère un prompt propre, prêt à coller dans les instructions du Projet.

Résultat du prompt

À ce stade, tu pourrais croire que c’est fini.
En réalité, c’est là que ça commence.

Parce que le vrai superpouvoir de ChatGPT, ce n’est pas “la bonne réponse du premier coup”.
C’est l’itération : tu testes, tu ajustes, tu ajoutes une contrainte, tu affines le ton… jusqu’à obtenir exactement ce que tu veux.

Ici, je valide dès la première itération pour l’exemple.
Mais dans la vraie vie, je considère toujours que “la v1” est juste… une v1.

GPTchebest — Création du Projet

Maintenant qu’on a le prompt (les instructions), on passe à la partie “construction du labo” : le Projet.

Création du projet du chef GPTchebest

À ce moment-là, tu peux choisir si ton projet est :

  • isolé de tes autres chats,
  • ou s’il peut “se mélanger” avec le reste.

Moi, je préfère l’isolation.
Je veux que GPTchebest pense “cuisine”, point.

Configuration de la mémoire du projet du chef GPTchebest

Et là… ton projet est créé.

Donc logiquement, on pourrait conclure l’article ici, non ?
Genre : “Merci, au revoir, bon appétit.”

Sauf que non.
Parce qu’un Projet sans instructions, c’est comme une cuisine sans recette :
tu as l’espace, tu as les ustensiles… mais tu n’as pas le chef.

Donc maintenant, on colle nos instructions (celles générées par PromptGenerator) dans le Projet.

Configuration des instructions du projet GPTchebest

Configuration des instructions du projet GPTchebest

Et là seulement, GPTchebest devient intéressant : tu n’as pas juste “ChatGPT qui parle cuisine”…
tu as un chef avec une personnalité, des règles, et un cadre.

Prochaine étape : on l’utilise pour de vrai… et on va voir ce que ça donne quand tu commences à itérer.


Étape 4 — Converser, pas interroger

Je n’utilise pas l’IA comme Google.
Sinon je pourrais juste taper “recette poulet ananas” et finir avec un truc en 47 étapes qui commence par “d’abord, élève ton poulet pendant 6 ans”.

Moi je fonctionne autrement :

  • échanges courts,
  • feedback explicite,
  • ajustements progressifs.

C’est dans l’itération que l’IA devient intéressante.

Parce que la puissance de l’IA, ce n’est pas “la réponse parfaite du premier coup”.
C’est sa capacité à s’adapter quand tu lui dis clairement :

  • ce que tu veux,
  • ce que tu ne veux pas,
  • ce qui est trop flou,
  • ce qui manque.

En gros : tu ne “poses pas une question”.
Tu conduis une conversation. Et tu pilotes.

Maintenant qu’on a notre projet GPTchebest, un petit exemple vaut mille discours.

Utilisation du projet du chef GPTchebest

Bon. Clairement, ça ne me convient pas.
Ce n’est pas mauvais… mais ce n’est pas ce que je veux.

Donc je fais ce que je fais toujours : je corrige, je précise, et je réponds à ses questions.

Utilisation du projet du chef GPTchebest

Et là, je réalise que j’ai oublié un détail important :
je voulais du sucré/salé… donc je veux de l’ananas.

Ça tombe bien : l’IA n’est pas susceptible.
Tu peux lui dire “j’ai oublié” sans qu’elle te fasse la tête. Donc j’ajoute la contrainte, et je relance.

Utilisation du projet du chef GPTchebest

Et tu vois ce qui se passe : la réponse devient plus pertinente, plus alignée, plus “sur mesure”.

Parce que tu n’es pas en train de “demander”.
Tu es en train de briefer, d’ajuster, de préciser.


Étape 5 — Utiliser l’IA comme challenger d’idées

C’est, de loin, l’usage le plus précieux.
Pas parce que l’IA est “plus intelligente que toi”… mais parce qu’elle est infatigable et sans ego.

Tu peux lui demander de démonter ton idée à 23h47, et elle ne répondra pas : “On verra demain, là j’ai la flemme.”

Moi, je lui demande explicitement :

  • quelles hypothèses je fais sans m’en rendre compte,
  • quels angles morts existent,
  • quels contre-arguments sérieux on pourrait m’opposer,
  • où mon raisonnement est fragile.

Et ça, dans la vraie vie, c’est rare.
Même les gens bienveillants n’ont pas toujours le temps, l’énergie ou le contexte pour endosser ce rôle de relecteur critique.
L’IA, elle, peut le jouer à la demande, et c’est là qu’elle devient vraiment utile.

Petit conseil : demande-lui d’être dure.
Sinon elle va te faire un compliment, puis une critique timide, puis un autre compliment.

Exemple de formulation simple (à coller si tu veux) :

Agis comme un contradicteur. Attaque mon idée :  
- 5 failles  
- 3 hypothèses implicites  
- 2 risques majeurs  
- 2 alternatives plus robustes  
Sois direct, pas de blabla.

Profite-en : un challenger disponible 24/7, ça ne court pas les rues.


Conclusion — Bien utiliser l’IA, c’est apprendre à être contredit

Bien utiliser l’IA, ce n’est pas automatiser ta pensée.
C’est au contraire la mettre sous tension : l’exposer à la contradiction.

Une IA utile :

  • ne te rassure pas en permanence,
  • ne valide pas tout par réflexe,
  • ne cherche pas à être gentille comme un service client en fin de journée.

Elle questionne.
Elle te demande des précisions quand tu es flou.
Elle met le doigt sur les hypothèses que tu avais planquées sous le tapis “évident”.
Et parfois, oui… elle dérange un peu.

Mais c’est précisément pour ça qu’elle est utile.

Parce qu’au final, tu ne payes pas (en argent ou en temps) pour avoir un texte bien écrit.
Tu payes pour gagner :

  • en clarté,
  • en rigueur,
  • en décision.

Et si ton IA te contredit de temps en temps, ce n’est pas qu’elle “t’embête”.
C’est qu’elle fait enfin son vrai boulot : t’aider à mieux penser.


À retenir

  • Une IA qui valide tout est inutile
  • La spécialisation est essentielle
  • Les instructions comptent plus que le modèle
  • Une bonne IA doit te contredire

Dernier rappel (et je le mets ici exprès, parce que c’est important) : l’IA ne remplacera jamais un expert. Elle peut t’aider à aller plus vite, à structurer, à explorer des pistes, à te contredire, à débloquer un problème…
Mais elle ne remplace pas :

  • l’expérience terrain,
  • le jugement,
  • le contexte réel,
  • la responsabilité,
  • le savoir-faire construit sur des années.

Dis-toi plutôt ça comme une règle simple :

l’IA, c’est un assistant. Parfois brillant. Parfois très sûr de lui… pour rien.
L’expert, c’est celui qui sait quoi garder, quoi jeter, et quoi assumer.

Donc utilise l’IA pour te challenger et t’accompagner.
Mais quand il faut trancher, valider, engager une décision : tu reviens toujours aux humains compétents.